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DSCI9571
Il fallait que le silence ici se brise sur cette chronique, cette relecture du recueil unissant Tracés de Feu (sous la peau) et Navigator.
Parce que c’est logique, et justice.

// Logique : il est des œuvres qui s’imposent en des étapes cruciales de la vie. Alors que j’émerge, le cœur encore vrillé et en vrac, d’une longue traversée du désert, et que je me replonge dans les entrées de mon carnet de route, entrées qui au fil des récentes années, tandis que je perdais pied à pied (mot à mot) le combat et coulais plus profond, se faisaient de plus en plus rares, la démarche à l’œuvre dans Tracés de Feu (sous la peau) me laisse aussi pensive (en mode ‘food for thought’) qu’admirative : il en faut, du courage, un courage sacré et superbe, pour retourner visiter ses écrits de jeunesse, renouer avec eux, à travers eux, le dialogue de là-bas à maintenant (the bridge from then to now, me murmure la voix du poète Saul Williams via un chant qui résonne aussi particulièrement fort, là).
// Justice : le problème des errances au désert, si inévitables qu’elles soient parfois… c’est qu’elles impliquent des absences au monde. Des failles, des défaillances. Aucun ‘j’ai piscine’ n’excuse à mes yeux, de moi-même à moi-même, certains silences, même si l’on est en train de se noyer au fond de la dite piscine. Ma chronique de Navigator a un an et demi de retard (et une forme sans doute très différente de ce qu’elle aurait pu être lors de la parution du livre, à l’été 2017). Mais elle se devait d’être la première à éclore ici, en ces temps de printemps précoce.
// Justice *et* logique, cet alliage imparable : dans la longue (jamais assez) liste des compas que cite Léa Silhol au terme (jamais fini) de son Navigator, il y a une flamme qu’elle ne peut évidemment mettre, et qui serait pourtant l’une des premières que, moi lectrice, je brandirais dans le brasier de mes affinités électives, des écrivains qui plus que tout me portent et m’inspirent : Léa Silhol elle-même. Cela s’est vérifié encore tout fraîchement, via sa dernière publication (dont on reparlera — mais ne m’attendez pas, jetez-vous sur Gridlock Coda !…), et dont la détonation d’énergie accompagna / contribua à provoquer le sentiment, intoxicant, de se découvrir toujours en vie.

Et ça, l’énergie, l’affirmation de vie, c’est l’un des thèmes qui traversent Tracés de Feu et son frangin Navigator (ah, la beauté des liens logiques !…)
Tracés de Feu (sous la Peau), c’est une auteure aguerrie qui se replonge dans un cycle de poèmes de jeunesse inspirés par une douloureuse et brûlante relation amoureuse, les publie, répond à ce reflet dans le miroir et à ses éclats coupants. Il y a les fulgurances initiales d’une personne explorant l’horizon dangereux de l’Autre, les alchimies élémentales luttant dans leur déclinaison entre la première et la deuxième personne du singulier, et la première personne du pluriel. Il y a des chants d’intransigeance, et des quêtes d’Unité, et un dialogue de dernier acte avec Corneille qui m’a touchée au cœur.
L’ultime partie de Tracés de Feu trace un trait brasillant vers Navigator, de l’artiste qui s’affirme en retraçant ses pas vers d’anciennes paroles conservées en cahier, vers l’humain qui brille comme un phare en célébrant les lueurs partagées par d’autres artistes. Qui, de nous autres lecteurs, n’a pas connu cette sensation fraternelle, tribale, née de la rencontre avec d’autres amoureux des mêmes plumes ? La voici, cette sensation, multipliée par l’infini. Exaltée par la voix de Léa Silhol célébrant les voix de celles et ceux dont elle ne pourrait se passer — et nous non plus. Célébrant, au final, la défaite de la mort, tant que les mots de ces artistes qui nous portent dans les tempêtes resteront en vie dans nos cœurs, et nous pousseront à rester vivants, debout sur le pont.

Chaque fois que je rouvre ce livre, des passages nouveaux me cueillent par surprise, à la façon d’un uppercut ou d’un éclat éblouissant, et la tentation me saisit de stopper le fil de la lecture le temps de griffonner une citation. Mais c’est outrage capital que de couper une voix de poète avant la résonance finale, alors je savoure et laisse filer, comme on accepte de n’avoir pu prendre en photo l’avènement d’une vague sublime, ou la lumière d’un lever de soleil, tant on était absorbé dans la beauté de l’instant. Et j’y reviens ensuite, et revis encore et encore, au vent, la synergie d’un vers venu oxygéner le cœur…
Si l’ouvrage n’était d’une aussi belle facture, avec son papier glacé et les splendides photographies qui dialoguent avec les différentes parties du recueil, il aurait subi le sort de maintes éditions poche / bon marché de mes poètes préférés (poètes dont j’ai retrouvé tant de noms célébrés dans Navigator — ah, Cixous, Sarton… ô Dickinson & Saint-John, et tant d’autres encore) : les pages scarifiées de marques de corne, et des traits au graphite dans la marge pour accompagner les paroles qui m’auraient frappée. Seulement voilà, parmi les forces à l’œuvre dans Navigator, il y a la tension vers le ciel, le feu solaire et les courants de l’océan… et il y a le talent des photographes Sadana Silhol et Mad Youri, qui ont su saisir en instantané l’alliance de ces puissances. Car oui, c’est tellement vrai, cela, “que l’éternité existe dans chaque instant / Pourvu que l’on ait la fureur de le fixer.”

Salve aux furies, à leur lumière unique. A ces flammes qui brûlent par elles-mêmes, pour elles-mêmes, et deviennent, par la grâce collatérale de la création, des flambeaux dans nos nuits, et des rouleaux qui nous portent à travers des pans de nos propres vies.

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“C’est la cadence, c’est le pas
Les nœuds que renouent les navires
Par leur rythme épuisé
Sur le flanc rond des mers
Le staccato moteur
& La voile qui gire
& Le délié des langues
Et les pleins noirs de l’encre
Que nous suivons des doigts Quitte à nous y tacher
Yeux fermés — Lèvres closes — Cœur alternatif”

Léa Silhol est romancière, nouvelliste et essayiste. Elle a tour à tour été qualifiée par la presse d’“onirique”, “élégiaque”, “shakespearienne”, et posée comme la plus grande styliste francophone des Littératures d’Imaginaire, et l’une des voix les plus poétiques de son temps. Sur la trentaine de volumes de poésie qu’elle a rédigés au fil du temps, les deux œuvres réunies dans cet opus sont les premières à être publiées. Après avoir chanté le prisme de l’élément liquide dans ses Contes de la Tisseuse, c’est sous l’égide de la mer seule, et des figures de ceux qui la bravent, qu’elle place cette ode double à la littérature — abordée par les chemins de traverses de l’inspiration qu’initie l’amour fou (Tracés de Feu), et ceux qui fusionnent lecteurs et auteurs (Navigator).

Traversées poétiques accompagnées des photographies en couleur de Mad Youri et Sadana Silhol

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Léa Silhol - 340 mps

Il n’échappera pas à ceux à ceux qui connaissent mes passions et embrasements littéraires que… je suis fan de Léa Silhol, et collectionneuse très assidue de ses créations.
Rien de surprenant, alors, que j’aie guetté la parution de son nouveau recueil, 340 mps, consacré à rien moins que l’Obsession, avec une fascination et des frétillements de vibrisse de chat curieux, alléché tant par le thème que par la bluffante photographie de Mad Youri choisie en couverture.
Et bien m’en a pris — si la curiosité est supposée tuer les chats, ma foi, avec ce livre, le feu en vaut la chandelle (grave !). J’en assume le risque, et le péché, en m’inclinant tant face à la beauté du livre  — maquetté et structuré de main de maître — que devant le cercle de personnages que leur créatrice, dans la belle introduction “Speed Of Sound”, appela des ‘misfits’.

Dont acte :
Un salut époustouflé (littéralement) au narrateur de “Wild”, dont la voix, en guise d’ouverture, vous prend à la gorge, envahit un plexus soudain vrillé de tensions, et embarque comme une vague, sans préavis, dans le plus crucial des trips. À peine le temps, pour les familiers de l’œuvre silholienne, de sourire au personnage reconnu, et on s’abandonne à ce courant fort, au flux tourbillonnant de mots & d’émotions à vif. Une plongée magistrale dans le recueil, sonnant aussi, pour la fan que je suis, comme un puissant welcome back (home).
Une révérence très appréciatrice à l’attention de ‘Lady Windermere’, l’héroïne de “Folding / Unfolding”, grande collectionneuse d’éventails et fan d’Oscar Wilde. À travers le récit qu’elle écrit pour sa fille, le thème de l’obsession nous invite à explorer (et embrasser ardemment) un monde qui accorde valeur et sens tant aux objets uniques qu’aux gestes rares ; où la faute de goût et le manquement à l’élégance ne pardonnent absolument pas ; où la justice et l’amour tracent leur propre voie, à l’écart de cette société qui condamna le grand Wilde et ses superbes redditions devant la tentation. Une très grande et délicieuse ‘leçon d’obsession à 25 shillings’. J’adore !
Un sourire de chat à l’attention d’Ayliss, membre de la fascinante famille Usher et résidente d’une non moins fascinante et fantastique demeure ancienne. Nouvelle déclinaison de l’obsession, la nouvelle rééditée “The Cat & the Choker” nous envoie, après la faim du collectionneur, faire l’expérience de l’attraction pour une ombre rémanente sur les portraits d’une galerie. On retrouve dans cette histoire d’une malédiction, et des gestes qui la portent à travers les âges, une élégance que n’aurait pas reniée Wilde…
Un autre sourire, bardé de dents pointues, vers Némésis, la narratrice déjà rencontrée lors de la parution initiale de “Sous l’Aiguille”. En sa compagnie, on avance encore d’un pas, d’un cran, d’un crime — dans ces espaces où tiédeur et inconstance constituent la véritable offense. Le cercle de l’Obsession gire, centré non plus autour d’un objet désiré mais d’un être, focalisé dans le point de contact entre l’aiguille d’un tatoueur pas comme les autres, et la peau d’une amante. Quand le manque et la vengeance trouvent, féroces, à s’incarner… marquant est le résultat.
Un ‘Salve !’ tout maladroit, retourné par l’intensité monstrueuse de la rencontre avec Elyah Anoukian, sa rage face à l’état du monde — et comment lui dire que cette rage fut une bouffée d’air dans un monde couramment irrespirable par défaut de sens et de compassion, d’implication ? —, son salutaire humour cioranesque, son regard de scalpel, son rapport à l’addiction, et à la musique (il n’est sans doute pas anodin que ce texte précisément figure au centre de 340 mps, cinquième des neuf nouvelles). Et la portée renversante de son choix ultime, quand il s’agit de “Traverser sous les roues des voituresDepuis des années, depuis la parution de Fovea, je n’avais cessé de revenir aux voix de ‘bubblegum butterflies’ qui s’agitaient dans cette œuvre, comme un papillon vers la flamme — une flamme en danse vive avec les ombres. La puissance des retrouvailles est celle d’une onde de choc portée par percussion musicale (et plus encore).
Des grimaces en empathie suivies d’une standing ovation solidaire, pour une autre voix fovéenne que je suis ravie de retrouver et apprendre à connaître, celle d’Adel / Délius, jeune auteure en pleine descente infernale dans le monde de l’édition, dans la (terriblement bien nommée) nouvelle “Faiseurs d’Étoiles”. L’obsession, ici, courtise le point de rupture d’une femme que son travail confronte, avec une violence insidieuse, aux laideurs d’un milieu professionnel — laideurs que contre-balance avec une classe merveilleuse le personnage qui dans Fovea déjà faisait pendant à Délius, Victor-Philippe. Un récit incisif et cathartique, en contraste saissant de nausée et de lumière.
Un high five à l’inénarrable Chris, le héros de mon récit de Noël préféré, “Winder Wonderland Inc.”, que depuis sa première parution je relis au moins une fois par an… Quand un jeune homme en urgent besoin de changer d’air (de société ?) — jeune homme du genre que notre cherrr Président n’aurait pas manqué de classer parmi “ceux qui ne sont rien” — postule pour un job de Père Noël au pays des rennes, sa découverte des coulisses du métier se fait sur un mode explosif… entre prise de conscience, pétage de plombs (et de boules de sapin), et plus encore, le tout sur fond de feu d’artifices de traits d’humour mordants et de références de culture populaire.
Un silence pensif et ému en réponse au souvenir d’adolescence que raconte la narratrice du “Dernier des Dark Boys”. Avec elle, on entre dans la section finale du recueil, afin d’y évoquer ces histoires d’amour qui représentent l’alpha et l’omega pour les âmes qui se cherchent. L’obsession ici s’incarne dans l’attraction mutuelle des êtres fracassés, et dans la fidélité à ces histoires qui survivent en symboles à la magie indélébile, joignant blessures et merveilles, à travers les âges, les erreurs et les raisons, en un touchant récit…
Et enfin, enfin, une bénédiction, et un vœu de bonne route, vers la figure féminine qui illumine “Arena”, histoire d’un rendez-vous à l’ombre des pierres du Colisée, pour transmettre un précieux carnet — et d’une autre rencontre qui est le point de départ et l’horizon d’une quête ancienne et obstinée. Embrassant le mouvement du marcheur qui prendrait de la hauteur pour contempler un panorama antique, l’esprit s’élève à travers cette ultime, magnifique nouvelle du recueil, bâtie de clefs de sens, d’esprit de défiance face aux règles divines, et de constance humaine. Une conclusion parfaite au recueil, dont les dernières lignes n’ont pas fini de résonner en moi.

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Et ainsi je referme l’œuvre sans le faire. Je l’emmène et la retrouve — dans l’amour de l’Art et du geste rare, dans l’adhésion à la démesure des cieux et de l’océan, et à une forme de justice qui dépasse les normes étriquées… Dans l’humour qui sauve, et les présences complices, et la musique qui porte, et emporte… Dans les citations aimées de Wilde, dans les espaces de la Kabbale où il me reste tant à parcourir… Dans mes trajets à l’intérieur du labyrinthe de Fovéa, dans les multiples fils effleurés de la Trame de Léa Silhol… Dans le rapport à l’Autre, dans les questionnements de l’âme…
À peine tournée la dernière page de 340 mps, je sais déjà que j’y reviendrai. Encore et encore.
Je ne quitte pas le cercle de l’Obsession.

340 mps

Obsessio (lat.) : “blocus, siège d’une cité”.


Le point focal de tout ce qui nous définit, nous raffine, nous change irrémédiablement, nous exalte, nous détruit, et à la fin nous maudit ou nous sauve pourrait être aussi simple que…
Le prix à payer pour un éventail signé par Oscar Wilde ; la glissade d’une repentie sur un vol de papillons ; la reptation du péché dans l’arrondi d’une bouteille ; l’ombre d’un objet manquant, dans une galerie de portraits ; le staccato de la vengeance dans un pistolet de tatouage ; une course éperdue vers un amour d’enfance ; l’e-mail d’une rock-star à sa fan n°1 ; les sacs entassés des courriers de Noël, dans des hangars sous la neige ; un carnet d’anecdotes, transmis de vies en vies…

L’alphabet de nos grandeurs et dérives pourrait parfois tenir en une forme, une lettre, une ellipse ininterrompue :

O

Omega capital du cercle des cercles.

Léa Silhol, architecte protéiforme des univers de Vertigen, Frontier et des livres-puzzles du concept Error_Type prête ici, encore une fois, sa voix et son calame aux funambules, aux chasseurs de mirages impénitents et aux affamés d’orages.
340 mps déplie les facettes qui jointent le désir au point de rupture, le temps de neuf histoires qui sont autant d’odes tendres et grinçantes aux archétypes de la démesure.

Fil d’Ariane

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TisseusesA tout seigneur, tout honneur.
Grande warlady de la lutte anti-ReLIRE et pour les droits des artistes en général, Léa Silhol a réédité cette année un volume rescapé du pillage orchestré par les fonctionnaires de la BnF. Publiés dans un premier en édition souple, et à l’identique, en avril dernier, les Contes de la Tisseuse viennent de se voir offrir un magnifique écrin nouveau, en format relié, avec illustrations inédites en couleur de Dorian Machecourt, et augmenté d’une série de courts textes également inédits, « Voix de Fées ».
Par-delà les postures rances d’éditeurs dépassés, par-delà les attaques faites au droit d’auteur au nom de la modernité, une autre voie est possible — les lecteurs de Nigredo, les amoureux de Seuil n’en attendaient pas moins !

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Contes de la Tisseuse — Automne

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Tisseuse — FragileJe suis une bestiole assez impressionniste. J’aime avoir, même en art, mes rituels de saison, ces instants où la brise ou le givre porte la mémoire d’un livre.
A cet égard, les œuvres de Léa Silhol occupent une place spéciale dans mon cœur. Il ne passe guère une année où je n’aille à Samhain saluer l’Angharad (jeune alors) de La Sève et le Givre, où je ne repousse à Noël le bruit intrusif des jingle bells pour aller décliner au fil des pages le nuancier des Conversations avec la Mort.
Ce n’est pas rien, alors, que voir renaître, à la lisière entre été et automne, les Contes de la Tisseuse, leur approche sensuelle, sensible, intuitive des saisons, leur lien élémental avec l’eau. Et c’est merveille que voir ces contes sous cette forme accomplie, une édition reliée qui semble appeler la main de Nicnevin la prochaine fois qu’il lui prendra la curiosité de visiter les bibliothèques de Mortalité pour y méditer sur la parole des poètes — et illustrée avec talent par Dorian Machecourt. Ses planches (pleines pages en couleurs, siouplaît) sont d’une beauté à s’y perdre en contemplation. Il ne suffit pas de coller de pseudo-étoiles dans l’eau pour évoquer la féerie, et encore moins l’invoquer : pour passage vers l’univers silholien, l’artiste déploie des scènes où l’essence d’une saison s’infuse d’une fascination très éloignée des trivialités humaines, et portant néanmoins la marque du temps.

Contes de la Tisseuse — Eté
Fut un temps où les leçons du folklore rythmaient et nourrissaient la sagesse du calendrier. Sur les pages du mien coule, avec les grains du sablier, l’encre des créations de Léa Silhol — élémentale, connectée aux courants naturels, et charriant toute la puissance de ses intuitions. Elle coule, et l’on se laisse porter, immerger, entraînés par la profondeur de ces eaux, et confiants que le fond y fait sens. Un sens tendu vers le questionnement du Destin et l’exploration des failles fatales, vers le dépassement et l’accomplissement, vers ces espaces sublimes où les êtres d’humanité et les créatures mythiques parviennent à la rencontre.
Et ainsi… Lorsque le ciel estival roule comme un orage ses menaces de stase, je sens le temps venu d’une visite à la jeune Gorgone, dans le Pavillon aux Eclipses. Dans le craquement des feuilles d’automne, j’entends la voix lente des Fallon. Les nuits de cristal, froides et pures, mordantes, relèvent du règne du flocon, et de la terrible Yuki Onna. Dans les élans vitaux du printemps qui poussent à la course en avant, vers ailleurs, je perçois toujours, le coeur vibrant, le rythme de rail d’un Runaway Train.
Et, prise aussi dans les rythmes séculiers, il ne passe pas un Noël sans que j’aie une pensée de flamme pour les anges rebelles, leur choix de la Terre, et les ailes de Jebraël.

Voix de FéesReste à saluer, une fois déroulé le fil d’eau de ces Contes, l’une des grandes surprises de cette réédition : l’inclusion d’une série de textes inédits, Voix de Fées — un ensemble de vignettes travaillées initialement en vue d’une diffusion radio, et donnant la parole à quelques représentants du monde de Féerie.
En créature élémentale, il ne m’aura pas fallu plus de deux-trois pages pour tomber sans retour sous le charme d’une chanteuse des océans, et d’un natif du feu.
Ah, la puissance d’une Voix…

Le Temps et l’eau filent. Ils ont ceci de semblable au sort des hommes qu’ils obéissent aux marées des ères, saisons et cycles.
C’est là une horloge fatale, dont rien ne saurait – croit-on – briser le tempo. L’eau et le temps donnent la mesure, filant, filant…
Et sur le fil de cette course, les Moires, maîtresses du Destin, se dressent, allouant à chacun son Sort : ses grandeurs et ses chutes, et l’impitoyable rétribution de ses démesures. C’est à elles, auquelles mêmes les dieux doivent se soumettre, que la mythologie accorde toujours le dernier mot.
C’est sous leur égide terrible que l’auteur expose ici les destinées des hommes, anges, fées et dieux, des élus et des damnés, des monstres et les saints, pris dans la nasse de ces fils tendus. D’Orient en Occident, de la Grèce antique aux autoroutes américaines, entre Fantasy mythique et Urbaine, et toujours sous le signe de l’eau.

Dans ce premier recueil, publié en 1999, LS, une des plumes les plus intuitives et poétiques de son temps, orchestre le ballet tendre et cruel des hommes contre leur fatalité, et pose les les bases d’une toile infinie qui deviendra, au travers des sept volumes suivants, l’univers protéiforme de ‘La Trame’.

La présente réédition est illustrée de planches inédites en couleurs de l’artiste Dorian Machecourt, et suivie de la série :
“Voix de Fées”
Suite inédite à ce jour de courts textes écrits en 2004 pour Radio France ; dans lesquels les membres du royaume fae, petits et grands, brownies, sirènes, changelings et djinns exposent, à la première personne, leurs aigres-douces biographies.

Fil d’Ariane

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Action Invisible

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TIRÉSIAS ADNUNTIATIO

by DORIAN MACHECOURT

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