Aux mille nuances… (l’errance du Diable)
Nouvelle
Auteur : Elisabeth Ebory
Publication : in revue Elegy n°58
Année : mars 2009
Tomber sur une nouvelle d’Elisabeth Ebory, c’est toujours pour moi se couper à un petit bout de miracle sur terre. Un plaisir qui se faisait rare depuis ses récits publiés épars dans les anthologies de l’Oxymore, qui ont déposé sur mes rêveries de lectrice l’empreinte d’un univers fait de teintes neigeuses et de tains de miroirs, de rues modernes qu’on découvre hantées par des créatures ailées, ou arpentées par des divinités de tous horizons mythologiques… Et il y a son style merveilleux, une voix telle le chant de ces enfants qui n’ont pas appris à ne voir qu’un seul monde, légère comme une invitation à la danse, lourde de sens et de secrets, obsédante, hypnotique : un enchantement.
Après quelques années trop silencieuses à mon goût, les occasions d’entendre à nouveau cette petite musique de plume et d’âme se sont récemment multipliées, avec des parutions en anthos (Aube & Crépuscule, Conquêtes & Explorations Infernales) et en recueil (A l’Orée sombre, tout fraîchement paru chez Griffe d’Encre et que je suis en train d’explorer – encore & encore – en ce moment même…).
Ainsi qu’une publication dans un support plus éphémère par nature, la revue Elegy, qui a laissé le diable se glisser dans les pages de sa rubrique « Contes et Nouvelles » pour les mois de mars-avril… Car Lucifer au non-terme de sa chute se serait abattu sur terre, sous les roues d’un camion, sous les yeux d’une fille, la fille, qui l’a secouru, recueilli – l’a sauvé, s’est sauvée, croyez-vous ? Deux voix dans cette nouvelle, un ange déchu, et combien de chutes ? Quelles nuances dans les ténèbres, dans le sang d’encre ?
Pas évident d’évoquer sans le trahir un récit aussi court, mais je tenais tout de même à vous inviter à découvrir cette nouvelle si l’occasion s’en présente, pour son irrésistible charme musical, pour la gamme d’émotions déployée de la noirceur à l’émerveillement, et pour la résonance avec ces chants que l’on entend à l’Orée sombre…
Le Fil d’Ariane
- Le site de la revue Elegy
- Le sommaire du numéro 58
- Bio- et bibliographie d’Elisabeth Ebory sur le site des éditions Griffe d’Encre
- Ici même, bientôt j’espère, une petite chronique du recueil A l’Orée Sombre

