Be careful what you wish for.
– C’est une de ces sagesses que l’on entend parfois dans les contes, ceux-là mêmes qui nous disent pourtant que nos rêves sont à notre portée, à portée de voix, pourvu que l’on trouve la bonne formule pour les exprimer, au bout du chemin pourvu que l’on trouve la bonne voie à parcourir.
Alors quoi ? On ne va tout de même pas… se méfier de ses rêves – les manipuler avec des prudences de juristes ?
Non. On ne va pas, on ne veut pas.
Ah, mais du souhait exaucé au rêve réalisé, il y a toute la distance d’un horizon.
Il y a tout le parcours d’une vie…
Cela fait un moment déjà que les auteurs s’intéressent à ce qui se passe derrière les mariages et autres happy endings, derrière le rideau retombé des contes traditionnels – à ce temps que l’on englobe dans le ‘happily ever after’ comme on roulerait un corps dans le tapis pour mieux le bouger là où ça ne gênera pas.
Qu’est-ce qui se passe, une fois que la fée a agité sa baguette, une fois que la magie du conte est retombée dans la poussière du monde réel ?
« Personne ne l’a vraiment dit », une nouvelle de Lionel Davoust, évoque le sujet sur un ton, sous un regard qui me touchent beaucoup.
Le conte est court, aussi ne vous dirai-je rien du personnage évoqué, ni de la réponse, toute en nuances riches comme la vie et vibrations de corde sensible, que donne l’auteur à coeur ouvert.
Je ne vous dirai rien du récit, puisqu’il vient d’être mis en ligne au format PDF, offert à la lecture sur le site des éditions Rivière Blanche.
Je dirai juste qu’il m’avait serré le coeur lorsque je l’avais découvert lors de sa première publication dans la revue Ténèbres 2007, et qu’en le relisant aujourd’hui je lui trouve toujours une force poignante, la logique douloureuse d’une existence, à cette histoire que personne n’avait jamais dite avant cela, et dont beaucoup sans doute en reconnaîtront des bouts, quelques fils qui semblent échappés de leur propre vie, arrachés de leurs propres rêves.
Je vous dirai juste d’aller lire le conte, et s’il vous a touché, de considérer le recueil à paraître auquel il sera incorporé : L’Importance de ton Regard, à paraître sous peu chez Rivière Blanche. Vous ne devriez pas être déçus, au vu du sommaire – entre les promesses qu’il recèle, et la certitude de quelques textes déjà parus ailleurs, trouvés pour ma part très chouettes, voire carrément puissants (vous savez, ce blast, ce truc rare et précieux qui fait qu’une nouvelle découverte au fil d’une anthologie vous file à elle seule l’envie de suivre avec curiosité et en toute confiance les publications d’un auteur…)
Ceux qui ont pu lire "L’Île Close", "Bataille pour un Souvenir", ou encore "Regarde vers l’Ouest" (toutes rassemblées dans le recueil) verront sans doute de quoi je parle !…

Présentation de l’éditeur :
Le monde est une illusion fragile, ami lecteur. Ferme les yeux et il n’en reste rien. Seule compte L’IMPORTANCE DE TON REGARD.
Des marins condamnés à s’entretuer dans des glaces éternelles ; des jeunes qui tunent leur corps comme une voiture ; une population absorbée dans un jeu en ligne tentaculaire ; des guerriers qui atteignent la pureté en brûlant leurs souvenirs ; Arthur, Guenièvre et Merlin en pleine crise d’identité…
Dix-sept nouvelles et un court roman entre humour féroce et désespoir, entre absurde et optimisme — dix-huit contes modernes, dont huit inédits, où la folie le dispute à l’illumination. Quatre nominations à des prix majeurs dont « L’Île close », lauréate du Prix Imaginales 2009 et traduite aux États-Unis.
« Étant donné la qualité des textes de Lionel Davoust, il nous faut remarquer qu’il a de la chance d’être encore en vie. » – Bruce Holland Rogers
Le Fil d’Ariane
- Le site de Lionel Davoust
- La fiche de présentation du recueil sur le site de l’éditeur, avec lien pour télécharger le PDF de la nouvelle offerte
- Présentation de "Personne ne l’a vraiment dit" sur le site de l’auteur
- Et pour les plus curieux, une très chouette interview de Lionel Davoust sur Psychovision.net. Elle date de 2009, mais s’intéresse particulièrement (mais pas que…) aux thèmes que l’auteur aborde dans ses nouvelles.
- 17/04 : Je fais une brève update, Lionel Davoust ayant annoncé sur son blog la mise à disposition sous licence Creative Commons de deux textes, dont "Personne ne l’a vraiment dit" : ils sont disponibles en divers formats, et accompagnés d’un message d’explication présentant la démarche de l’auteur, ainsi que sa position par rapport aux modes de distribution en émergence. C’est par ici que ça se passe :-)








