Un mot sur une action qui me tient à coeur. Amis, c’est de magie qu’il est question ici.
La magie de l’artiste. La magie de l’art. La magie de la rencontre entre une oeuvre et son lecteur. Les actes de magie accomplis au quotidien, leur pouvoir salvateur, leur beauté essentielle.
Au carrefour de toutes ces magies, une artiste, auteure, éditrice, humaine, earthling : Terri Windling.
Vous dire tout ce que son oeuvre, au sens le plus vaste, et sa présence active en ce monde, a pu représenter et représente encore pour moi… ah, je ne sais par où commencer.
Par son activité, son activisme au sein de la communauté des amoureux des mythic arts, qui permit à ces arts de se créer une place dans le paysage éditorial & artistique, leur donna une réelle résonance, une voix aussi pour dire la réalité de cette résonance en nos coeurs, dire la force des contes, du folklore, des mythes, leur pouvoir actif, de guérison, de réflexion, de cheminement intérieur, leur clairvoyance et leur lumière au plus sombre des forêts de nos esprits ? Par, donc, ses activités via le Journal of Mythic Arts et l’Endicott Studio, ou les publications qu’elle édita, ouvrant voie vers le monde aux oeuvres des Charles de Lint, Patricia McKillip, Pamela Dean, Jane Yolen, Emma Bull, Delia Sherman, Tanith Lee & autres pairs de rêveries, sans oublier Charles Vess, Brian Froud, Thomas Canty, tant d’autres encore…
Par l’enfance ? Par la tendresse de ses peintures ? Par l’attention portée aux contes pour enfants, à leur message qu’elle s’est attachée à transmettre sous ses nouvelles variations ?
Un prochain jour de courage et d’inspiration, je tâcherai de vous parler, un peu, imparfaitement, de l’anthologie The Armless Maiden, and other tales for childhood’s survivors, de ce qu’elle a pu représenter pour tant de ses lecteurs, pour les auteurs aussi, sans doute, qui y participèrent. Ce livre, là, qui parle, à travers le conte, d’enfances brisées et de vies sauvées, et qui sait de quoi il parle… de ce livre il fut dit qu’il a sauvé des gens.
Et que dire du rêve de Bordertown qu’elle contribua à édifier et amener en ce monde ? Bordertown, la ville mythique, à la frontière, comme son nom l’indique, des mondes humains et féeriques, terrain de rencontre, d’affrontement et d’échanges, pour les runaway kids de tous bords et de tous horizons, cité sauvage où poussent magie, musique et arts comme autant de mauvaises herbes – Bordertown, qui signifia tant pour toute une génération de lecteurs, si j’en crois les témoignages online, et la joie manifestée lorsque l’endroit rouvrit récemment ses portes à l’occasion d’une nouvelle antho… J’étais déjà bien avancée en âge lorsque j’ai mis pour la première fois les pieds dans la cité, bien calée sur mes routes et sûre de mon pas, mais quand je repense à une autre cité de Frontière et de refuge, au salut que signifia cette vision-là, le toucher de cette cité, lorsqu’elle émergea sur la fin de mes années adolescentes, à tout ce que j’ai découvert, appris à voir de la ville, de ses magies et des manières de l’habiter, à travers le regard d’artistes et éditeurs de fantasy urbaine tels Charles de Lint, Lea Silhol, Neil Gaiman, Emma Bull, Elisabeth Ebory, et donc, well, Terri Windling elle-même… il me semble bien effleurer du doigt, feeling rétrospectif, la merveille de Bordertown pour la génération qui en franchit le seuil en même temps que ses propres passages adolescents.
Tout cela, cette magie, c’est énorme. Immense comme une existence sauvée. Vaste comme les promesses d’un horizon à explorer, qu’une vie ne suffira pas à épuiser. Et ce n’est pas tout.
Resterait à évoquer encore son oeuvre d’auteur, sa Wood Wife si chère à mon coeur, l’âme du désert aux alentours de Tucson dont je tombai amoureuse sans y avoir jamais mis les pieds, par la grâce et l’influence de ce roman conjuguées à celles de la Medicine Road de Charles de Lint.
Resterait à parler de son blog, source sans fin d’inspiration. D’une dette personnelle toute particulière que je reconnais, entre autres, cette année, pour avoir passé, à un moment de précieuse synchronicité, le lien vers la chanson qui devait m’accompagner à la mort d’une mienne aïeule, rythmant en douceur et douleur le cheminement du deuil. For the light that will stay on, no words but a *thank you* to Terri Windling & the Walkabouts…
Bon. Terri Windling est de ces passeurs, sacrés et humains, à travers lesquels l’art prend son souffle et trouve passage vers l’humanité. Elle est de ceux qui font circuler la magie, du ciel à la terre, d’un coeur à l’autre, et aujoud’hui, l’occasion se présente pour la communauté regroupée autour de ses activités de lui renvoyer quelques grains de cette magie – de ces graines qui se plantent chaque fois que l’on prend soin les uns des autres, de ces herbes résistantes que les auteurs de fantasy urbaine nous montrent poussant dans le béton, repoussant l’aridité dans les coeurs.
Voici de quoi il s’agit :
Beloved editor, artist and writer Terri Windling is in need, and we are asking for your help in a fundraising auction to assist her. This auction will combine donations from professionals and fans in an online sale to help Terri through a serious financial crisis. Terri is the creator of groundbreaking fantasy and mythic art and literature over the past several decades, ranging from the influential urban fantasy series Bordertown to the online Journal of Mythic Arts. With co-editor Ellen Datlow, she changed the face of contemporary short fiction with The Year’s Best Fantasy and Horror and other award-winning anthologies, including Silver Birch, Blood Moon, and The Green Man: Tales from the Mythic Forest. Her remarkable Endicott Studio blog continues to bring music, poetry, art and inspiration to people all over the world.
Terri Windling and her family have been coping with health and legal issues that have drained her financial resources at a critical time. Due to the serious nature of these issues, and privacy concerns for individual family members, we can’t be more specific than that, but Terri is in need of our support. As a friend, a colleague and an inspiration, Terri has touched many, many lives over the years. She has been supremely generous in donating her own work and art to support friends and colleagues in crisis. Now, Terri is in need of some serious help from her community. Who better than her colleagues and fans to rise up to make some magick for her?
That’s where we come in. Until December 15th, we’ll be bringing you auctions (and vice-versa!) of art, books, collectibles, music, and more amazing offers from the awesome fantasy art and literature communities. Please see the About Us page for FAQs on Terri, the auction process, and how you can get involved! Finally, stop by HQ Headquarters to meet your wacky staff. We got cookies!
Cela se passe là : Magick 4 Terri
Et franchement, ces enchères sont un vrai marché de gobelins ! Des éditions rares, souvent dédicacées par leurs auteurs ; des oeuvres originales d’Alan Lee, de Charles Vess ou de Brian Froud, également signées ; un sketchbook de Bill Willingham (!) ; un séjour dans le désert, dans la résidence d’artistes que possède là-bas l’Endicott Studio (!!!) ; des cartes postales de la main d’Ellen Kushner, des poèmes inédits de Charles de Lint enclos en de petits coffrets ouvragés ; des manuscrits, des collectors, de l’art et du bizarre… Franchement, même fauchée comme je suis, c’est un plaisir des yeux que de chiner par là !
Et comme, donc, je suis fauchée, et incapable d’honorer la beauté des offres et l’également généreuse folie des donateurs, je fais ma part en apportant une petite contribution :
La Princesse sous Verre, de Jean Lorrain
(édition dont j’avais parlé ici même)
(et qui est désormais épuisée chez l’éditeur,
j’en ai eu confirmation par un libraire)
(Les enchères font rage jusqu’au 15 décembre encore, après quoi ce sera le moment de collecter les trésors ! Et s’il y en a qui seraient intéressés, mais se trouvent un peu intimidés par le fonctionnement de la chose / le système livejournal / la communication en langue anglaise, ou autres détails techniques, je peux bien sûr filer un coup de pattes…)
Allez, pour finir en fil d’Ariane, quelques ultimes pistes pour les francophones que l’oeuvre de la dame intéresserait :
- The Wood Wife a été traduit en français, et est désormais carrément dispo en format poche, sous le titre L’épouse de bois (cf l’avis de Fées Divers)
- Une de ses anthos fut également traduite et publiée (bon, on y perd un peu de contenu, et beaucoup au niveau de la beauté de couv’, mais au moins, c’est dispo à la lecture…) : Blanche Neige, rouge sang – également chroniqué par Fées Divers
- Une interview en ligne de la dame qui m’a l’air assez récente, qu’en tout cas je découvre à l’instant
- Toujours à propos de Fées Divers, l’ultime numéro de la revue contient aussi une interview de Terri Windling, ainsi qu’un article de la dame sur “La Mort Marraine” (traduit par les soins de votre humble servante)
Et voilà pour la magie actuellement en branle, people ! :-)


Merci pour ce beau gros retour en force dans les PsycheinHel Readings, avec une grande dame je vois ! :)
Alors je vois bien qu’il serait tellement mieux que je puisse lire en V.O. comme vous êtes plusieurs à le faire avec délices… En tout cas j’ai vraiment bien aimé L’épouse de bois, de par son originalité et son approche documentée, sincère, crédible… Dans un univers très méconnu du lectorat classique de fantasy et de merveilleux.
Thx également pour l’interview en ligne ! Tout ça me donne bien envie de reprendre mon dernier FD et même de me mettre à Blanche Neige, Rouge Sang, dont j’entends parler encore et encore ^_^
(Bon là, c’est bon du coup, je ne la confondrai plus avec Terry Tempest Williams ;) …Et je suis admirative par le portrait que tu brosses d’elle, il est vraiment impressionnant, et, certes, n’est pas sans rappeler une certaine, etc, etc ;) )
J’ai vu passer l’enchère de ta super belle édition de Jean Lorrain, wow on dirait un vrai grimoire de conte… et je salue le geste (à défaut de craquer pour l’achat, le passage de décembre fait un peu mal à la hotte ^^”) de ta part :)))
- suis bien contente de ce chouette billet en ces lieux, tiens \o/ -
Coucou you (et merci d’être, toujours, tellement, au rendez-vous ! :)))
Oui, je suis reviendue en belle et bonne compagnie ! bon ça s’imposait un peu, c’est le genre de billet à durée déterminée qui ne pouvait pas trop attendre (becoz les enchères), et comme je suis en train de bricoler en loucedé pour retaper et élargir un peu les lieux*, c’eût été très naze de louper le coche… Maintenant ce que j’aimerais bien dès que je pourrai souffler, c’est me poser un moment au coin du feu pour dire à la veillée l’émotion trouvée dans certains de ses books écrits ou édités (d’autant que moi aussi, l’itw m’a bien filé envie de retrouver tout cet univers…)
Ah, les deux Terr-i/y… tu sais, quelque part pour moi elles restent liées, c’est en fouinant dans la liste de ‘loved books’ qui orne le blog de TW que j’ai déniché le “Finding beauty in a broken world” de l’autre dame – entre autres trésors ! (dont Linda Hogan qu’elle mentionne dans l’itw, j’ai lu son “Sang noir de la terre” y a pas longtemps, grand grand trip – d’ailleurs là aussi j’ai un billet en ébauche, pour quand le temps, etc etc)
Bien fauchée aussi, ce qui fait que je me contente de faire du lèche-vitrines dans les objets aux enchères (punaise y a de ces trésors *_*), alors bon, ce book bien aimé c’était le moyen de, tout de même, humblement faire ma part. Les pages n’ont pas trop une texture de grimoire (papier glacé), mais les tons délicieusement vieillis, les illustrations et ornements d’époque, ça fait son petit effet, quoi ^_^
(* tiens d’ailleurs t’aurais pas eu du mal à poster ton message ? Comme je l’ai reçu en double, me suis dit que peut-être tu t’étais un peu bagarrée avec mes anciens settings de postage (où tout était soumis à validation préalable, là c’est bon je me suis alignée sur le fonctionnement de psychopompe, les copains ne seront plus embêtés par ça ^^”))
Ah bonne nouvelle, ces travaux en cours ! (Non pas que c’était pas bien, loin de là, mais rapport au feeling, c’est toujours émoustillant d’avoir les bras dans le plâtre et les plans punaisés dans la tête :P)
J’attendrai sagement (ou pas ;) ) les prochains éclairages enflammés sur les écrits de la dame, alors. :)
(Pour le message, nan pas de souci particulier, il ne s’est pas publié de suite il était ‘en attente de modération’, mais je crois me souvenir que c’était habituel sur PinH ; en tout cas c’est sympa pour la modif, de mon côté je me stressais un peu au début de la Clef par crainte de laisser passer des comm’ non désirés, et puis en fait ça va, nos trafics (d’influence :P) respectifs, bien qu’inimaginablement surdimensionnés pour le vulgus pecum, restent largement gérables ;D)
:-)
Ouaip, pareil, j’avais des settings plus stricts par méfiance des indésirables, et puis finalement, je me dis que l’option de soumettre à validation seulement le commentaire d’une personne qui posterait pour la première fois, c’est plus que suffisant pour intercepter au vol les Bonnie & co(lin), et ça a le mérite de fiche la paix aux potes ^_^
(et au temps pour moi, je pensais que peut-être tu avais renvoyé le commentaire en ne le voyant pas apparaître de suite, mais apparemment c’est wordpress qui fait des siennes et m’envoie en double les mess. à valider, ça a fait pareil pour le ping-thing from FD !)
Et yes, c’est agréable la période de frétillant renouveau, même quand on râle que les plans n’avancent pas assez vite :D Et puis tu vois, quand j’avais créé c’t espace je lui avais donné une ligne directrice assez stricte, à l’époque ça m’allait bien, mais là, j’ai bien envie d’expérimenter & élargir l’horizon (et je crois que c’est assez nécessaire pour relancer l’espace, je pourrais pas rester dans un cadre trop serré). Et en attendant d’avoir le temps, je calme la frustration en bricolant la transition, quoi ! (ah, et pis j’en ai profité pour enfin installer une page jadis évoquée sur ta Clef, au moment de l’abordage sabre au clair sous le drapeau de l’éthique et de l’indépendance du littéraire ! bref tout ça se réveille gentiment, quoi :))
Vu, wow quel abordage ! :))
Oui, le temps des expériences / refontes / remix en tous genres, c’est nécessaire et salutaire, et de fait ça n’avance jamais assez vite, ce qui est plutôt bon signe ! ^_^
Bises captain crochet (du gauche évidemment, ça les change :P)
Diantre! Je serais tentée d’enchérir sur ce fabuleux Lorrain, si je n’étais pas moi même fauchée et en plein déménagement/travaux -_-
Tous cas c’est généreux de ta part de te séparer de ce superbe ouvrage, te sachant collectionneuse comme moi, j’imagine le petit pincement au cœur, mais c’est pour une bonne cause!
J’ai entendu parler de cette action par le biais d’artistes que je suis et qui proposent des œuvres. Pas les moyens d’en acquérir non plus…
Je vais relayer vers ton article sur Fées Divers, si ça ne te dérange pas. Pas eu le temps de rédiger quelque chose plus tôt avec ces allers-retours que je fais et le remplissage de cartons, puis tu présentes la chose parfaitement!
Hey Anne,
Pas de souci pour le relais, au contraire, et ça fait super plaisir que Fées Divers réponde présent et apporte son appui à la magickal opération ! :)))
Oui, y a un lot fabuleux d’artistes qui sont passés à l’action là (d’ailleurs j’ai pensé à toi quand j’ai vu que Bill Willingham avait carrément mis aux enchères son sketchbook pour le 100e numéro de Fables, le truc à tomber ^_^)
Le Lorrain me manquera, c’est vrai, mais en même temps, n’étant pas artiste ou artisan, je suis tout de même bien contente de pouvoir apporter une contribution, fort humble encore, mais en harmonie avec toute la beauté qui est à l’oeuvre là ! Et puis quelque part, j’en ai profité très z’égoïstement pendant un bout de temps, de ce beau petit livret, et c’est plutôt cool (et dans la logique des passeurs d’art, dont fait partie TW) qu’il reprenne la route
vers d’autres yeux :-)
(flûte, tapé sur la touche d’envoi trop tôt… Bon courage pour le déménagement / chambardement, dis !)
[...] Quoi qu’il en soit, si je perce ce soir ma bulle temporelle c’est pour vous transmettre ce très beau billet de notre chroniqueuse Hélène : Terri Windling & the Color of Angels [...]
A une heure de la fin des enchères, je ne résiste pas à faire passer ce lien, un post d’Ellen Kushner [note @French readers : vi, la dame de Thomas le Rimeur et d'A la pointe de l'épée !] qui fit partie des ‘bonnes fées’ initiatrices de Magick 4 Terri – où elle fait partager un éclat de son regard sur Terri Windling, et ses pensées sur la communauté :
“What we have all created at magick4terri was a Community – the sort that Terri herself envisioned for Bordertown when she first created that world 20-some years ago for all of us to play in . . . . when she went up to Boston to paint in a scruffy studio with Tom Canty, Rick Berry (whose wife Sheila, also an artist, wrote a lovely memoir of that time on their bid post) & Rich Salvucci . . . . when she was my roommate on the Upper West Side and introduced me to scruffy vests and velvet skirts and Bryan Ferry, and got me to write stories and even novels for her . . . when she and Midori Snyder went online with the Endicott Studio for Mythic Arts . . . when she started spending summers in England and found every artist for miles around . . . when she and Delia created Endicott West in Tucson and drew friends like Charles Vess and Charles de Lint & MaryAnn Harris and Beckie Kravetz there to refresh and renew the creative wellsprings . . . . And what she has, by just being Terri, done here, despite herself, in bringing together so many people, many of whom have never even met her, all of whom felt that it was important to join a group dedicated to her maintenance and well-being among us.”
http://ellen-kushner.livejournal.com/374294.html