
Rami Temporales
Nouvelle
Auteur : Gary A. Braunbeck
Première publication : Borderlands 5 (anthologie dirigée par Elizabeth & Thomas Monteleone), 2004
Traduction : dans le recueil Les Allées de Cocagne (Association Catharsis, 2008)
Joel s’est toujours entendu répéter qu’il avait “une bonne tête”, de celles qui inspirent confiance et attirent les confidences. Il s’y est habitué, aux histoires sordides ou pathétiques, aux discussions intimes avec des étrangers, à son rôle de gentil auditeur, de conseiller avisé. La grande surprise, c’est ce type qui vient lui réclamer son visage ; et l’explication qu’il offre pour justifier sa demande possède des implications vertigineuses, assez fortes pour faire éclater la vision du monde de Joel. En bien, en mal, qui peut le dire ?
Les mystères de “Rami Temporales” se jouent à Cedar Hill, petite ville américaine traditionnelle – ou presque – qui donne refuge à une bonne partie de l’univers de Gary Braunbeck. A travers cette nouvelle, le lecteur accède à l’un des lieux de pouvoir de la ville, place où les forces mystiques affleurent à la réalité. Surtout, il découvre en Joel un habitant typique de Cedar Hill, l’un de ces condensés d’humanité dont Gary Braunbeck a le secret ; son style vivant, l’empathie qu’il éprouve pour ses personnages font naître une vague d’émotions qui s’en vont frapper et submerger le lecteur, qu’elles soient étincelles ou failles. En cela, “Rami Temporales” est emblématique de la puissance de cet auteur, l’un des écrivains de fantastique et d’horreur les plus humains qu’il m’ait été donné de lire.
Mais pourquoi en parler maintenant (d’autant que j’y reviendrai certainement à propos de l’excellent recueil Les Allées de Cocagne) ? Parce que cette nouvelle a récemment fait l’objet d’une adaptation en court-métrage par le réalisateur Earl Newton, sous le titre “One of Those Faces”. Les rôles principaux sont tenus, et superbement joués, par Toby Turner et Laura Sebastian. Une adaptation intelligente et sensible, qui dans sa très esthétique sobriété parvient à faire ressentir toute l’émotion qui peut se dégager des textes de Gary Braunbeck. Je ne peux donc faire mieux que recommander aux anglophones d’aller faire un tour (et plus) sur Stranger Things, où la vidéo est (légalement) disponible en ligne. Et au passage, dans la section podcast Audiometrix, le site abrite également une interview audio de Braunbeck par David Kanter, au fil de laquelle sont évoquées l’histoire de la nouvelle “Rami Temporales” et les modalités de son adaptation – passionnant, surtout pour qui s’intéresse au passage de la short story au short film !
Quelques mots sur Strangerthings.tv, “the first dramatic science-fiction anthology series shot in high-definition and digitally-syndicated through the Internet” : le site comprend pour l’instant quatre épisodes dirigés par Earl Newton, qui ont pour thème commun d’évoquer ces moments où le voile de la réalité quotidienne, ordinaire, se déchire pour laisser pénétrer le fantastique et l’étrange. Un projet à suivre, et à encourager…
By the way, à l’occasion de cette adaptation, Gary Braunbeck a mis en ligne sur son site la nouvelle d’origine : enjoy !
(Crédits photo : Toby Turner & Laura Sebastian dans “One of Those Faces”, (c)Strange RSS)

Hello Psyché
Juste un mot pour te dire que je trouve ton blog excellent et que je viens de visionner le court métrage tiré de la nouvelle de Braunbeck. J’ai lu cette nouvelle et je l’adore et le court métrage est vraiment magnifique.
Merci pour le lien et pour tout ce que ton blog nous fait découvrir.
ThursdayNext, uh ? :D Heureuse de te retrouver dans le coin, miss !
N’est-ce pas qu’il est excellent, ce court-métrage ? ^_^