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Mythical Creatures

Mythical creaturesMythical Creatures

Timbres & vignettes

Auteur : Neil Gaiman
Illustrateur : Dave McKean
Publication : Royal Mail
Année : juin 2009


J’aime lorsque l’art investit ces espaces où on ne l’attend pas, sur lesquels le regard aurait trop facilement tendance à glisser en temps ordinaires – jusqu’au jour où soudainement il semble les découvrir, intrigué qu’il est, alpagué, accroché, par un petit bout d’art rebelle et baladeur.
On peut en trouver n’importe où, de ces éclats hors normes, par terre, sur les murs, sur les gens parfois… et en ce moment, par exemple, sur quelques lettres anglaises.

La Royal Mail britannique vient en effet d’éditer une série de six timbres consacrée  aux Mythical Creatures, si bien que certains veinards recevront leurs cartes de vacances, leurs déclarations amoureuses – ou, qui sait, leurs factures – ornées d’illustrations de sirènes, de dragons, de licornes, de géants, de pixies ou de fées, le tout réalisé par le talentueux Dave McKean. Et pour les collectionneurs, glamour sur le gâteau, le livret de présentation de la série rassemble six vignettes en accompagnement des timbres, sous la plume fine et charmeuse de Neil Gaiman.
Il faut un esprit familier du monde merveilleux, un coeur dangereusement amoureux, et un vrai talent de conteur, pour donner à saisir l’essence de ces créatures à travers des récits et anecdotes dont le plus long ne doit guère dépasser une vingtaine de lignes (ma vignette préférée, sur les fées et la reine Mab, livre un portrait esquissé en cinq lignes, et n’en fait pas moins mouche, d’un trait qui m’avait arraché un sourire ravi !) Certains connaisseurs, le nez dans leurs lourds dicos féeriques, marmonneront peut-être que d’aussi courts textes n’ont rien à leur apprendre. Voire : croient-ils vraiment tout savoir de l’impact qu’eut l’existence des géants sur les paysages de Grande-Bretagne ? et puis, connaissent-ils les conséquences de la pénurie d’or anglais sur les lignées de dragons, mmh ? C’est que, derrière les textes brefs, vifs comme ces traits de lumière étranges que l’on n’aperçoit que du coin de l’oeil, on trouve des heures de recherche studieuses sur le folklore, et le désir en outre d’ancrer ces récits dans l’histoire et les décors d’Angleterre, en hommage au pays émetteur de ces timbres.
Surtout, au-delà de notre éternelle curiosité concernant les créatures mythiques, il y a le plaisir d’arpenter les terres de Grande-Bretagne et d’ailleurs en belle et bonne compagnie, entre les splendeurs picturales de Dave McKean et les traits spirituels de Neil Gaiman. Le plaisir aussi de penser aux enchantements ainsi lâchés dans notre monde : imaginez ce qu’il pourrait bien advenir d’une enveloppe confiée aux bons soins d’un pixie (oups), ou la tête de votre correspondant s’il trouvait, collée sur son courrier, une fée mal lunée (Lady Cottington approuverait…) On comprend sans peine, alors, que les artistes aient préféré remplacer la banshee à laquelle ils avaient d’abord songé par un portrait de fée, de crainte de créer un timbre de fort mauvais augure…

Une série qui, sous sa belle apparence parcheminée, devrait donc séduire philatélistes et mythophiles !

Le Fil d’Ariane

Aux mille nuances… (l’errance du Diable)

Nouvelle

Auteur : Elisabeth Ebory
Publication : in revue Elegy n°58
Année : mars 2009

Tomber sur une nouvelle d’Elisabeth Ebory, c’est toujours pour moi se couper à un petit bout de miracle sur terre. Un plaisir qui se faisait rare depuis ses récits publiés épars dans les anthologies de l’Oxymore, qui ont déposé sur mes rêveries de lectrice l’empreinte d’un univers fait de teintes neigeuses et de tains de miroirs, de rues modernes qu’on découvre  hantées par des créatures ailées, ou arpentées par des divinités de tous horizons mythologiques… Et il y a son style merveilleux, une voix telle le chant de ces enfants qui n’ont pas appris à ne voir qu’un seul monde, légère comme une invitation à la danse, lourde de sens et de secrets, obsédante, hypnotique : un enchantement.

Après quelques années trop silencieuses à mon goût, les occasions d’entendre à nouveau cette petite musique de plume et d’âme se sont récemment multipliées, avec des parutions en anthos (Aube & Crépuscule, Conquêtes & Explorations Infernales) et en recueil (A l’Orée sombre, tout fraîchement paru chez Griffe d’Encre et que je suis en train d’explorer – encore & encore – en ce moment même…).
Ainsi qu’une publication dans un support plus éphémère par nature, la revue Elegy, qui a laissé le diable se glisser dans les pages de sa rubrique « Contes et Nouvelles » pour les mois de mars-avril…  Car Lucifer au non-terme de sa chute se serait abattu sur terre, sous les roues d’un camion, sous les yeux d’une fille, la fille, qui l’a secouru, recueilli – l’a sauvé, s’est sauvée, croyez-vous ? Deux voix dans cette nouvelle, un ange déchu, et combien de chutes ? Quelles nuances dans les ténèbres, dans le sang d’encre ?
Pas évident d’évoquer sans le trahir un récit aussi court, mais je tenais tout de même à vous inviter à découvrir cette nouvelle si l’occasion s’en présente, pour son irrésistible charme musical, pour la gamme d’émotions déployée de la noirceur à l’émerveillement, et  pour la résonance avec ces chants que l’on entend à l’Orée sombre

Le Fil d’Ariane

C’est cyclique : tous les ans, je reste assez épatée par la richesse et les promesses des oeuvres qu’on voit émerger avec le printemps, entre mars et mai. Alors tandis que je suis plongée dans les parutions du mois dernier, passant des merveilles & malignités de Tanith Lee aux sombres grâces d’Elisabeth Ebory, poussant toujours un peu plus loin l’exploration, l’expérience, la compréhension peut-être, des meurtrissures de nos Identités, et guettant avidement le facteur qui déposera dans mon nid quelques Plumes de chats… en attendant donc que je sorte un peu les moustaches de ces livres-là et revienne en causer ici, un petit coup d’oeil vers certaines anthos ou revues particulièrement attendues en avril, et auxquelles il est déjà possible de souscrire (histoire de ne pas les manquer ^_^) :

1 pot de lait laissé à la fenêtre,
1 miche de pain bien grosse,
1 poignée d’esprits du foyer,
1 fût de Guiness avec un Cluricaun,
1 maison de pain d’épice,
10 kg environ de livres de cuisine,
4 interviews 3 nouvelles assaisonnées de 2 poèmes

Pour la décoration : les illustrations de Julia Jeffrey et Xavier Collette
Pour le glaçage : la couverture de Yannick Germain
Pour l’ambiance : la musique de Faun et Dieren Dara

Tels sont les ingrédients principaux de la recette de notre nouveau numéro.

Avec aussi : Blanche neige, Hansel, Gretel, Poucet, Mémé Biscuit…

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de cette revue très classe qui porte bien haut, avec finesse et sensibilité – et non sans humour – la bannière d’une Féerie toujours vivante. Le numéro 3, consacré au thème Nourriture et Boisson, promet d’être tout autant à la hauteur, avec son sommaire à la fois gourmand et copieux où des nouvelles de Charles de Lint et Lawrence Schimel côtoient des articles sur James Jean, ou sur “les esprits du cellier” (entre autres pièces de choix, et de goût). Le Fées Divers nouvelle cuvée sera disponible dès le festival Trolls & Légendes à Mons, et il est dès à présent possible de passer commande sur le site de la revue :
Le sommaire
Les offres de commande (jusqu’au 30 avril)

La mythologie grecque, ses dieux et ses héros nous sont souvent familiers, eux qui hantent même notre vocabulaire : nous sommes narcissiques, érotiques, nous avons parfois la beauté d’Apollon, la ruse d’Ulysse, nous tombons dans les bras de Morphée… Jusqu’à nos ordinateurs que tentent d’infiltrer des chevaux de Troie !

Qualifiés de classiques, les mythes grecs n’ont cessé d’inspirer les modernes. Aujourd’hui, ce sont 18 plumes francophones qui ont interrogé les Muses afin de vous offrir la quintessence de leurs rêves.

Fantasy, fantastique, et même un peu de science-fiction… Les genres de l’Imaginaire se sont vêtus pour vous des couleurs de l’Olympe. Véritables aèdes du XXIème siècle, nos auteurs se sont fait tragiques, satiriques ou lyriques. Leurs récits vous entraîneront depuis les temps de l’Âge d’Or jusqu’aux étoiles de demain.

Après avoir ranimé L’Esprit des Bardes dans sa précédente anthologie, Nathalie Dau ravive le souffle de l’aède et les foudres de l’Olympe dans les pages de ce premier et très prometteur volume de la collection Périples mythologiques. Encore un livre que pourront découvrir les veinards visiteurs de Trolls & Légendes ! D’ici là, il est en souscription sur le site des éditions Argemmios jusqu’au 10 avril…
Présentation, sommaire, souscription, extraits à feuilleter : c’est par ici !

Là-bas. En enfer. On Hell.
Trahies, asservies, meurtries.
On leur a brisé les ailes.
Là-bas. En enfer. On Hell.
Pas si loin d’ici. Tout près, parfois. Si près.
Entravées. Mutilées. Violées.
On leur a volé leur vie.
Des ailes. Pour Elles. On Hell.
Pour qu’elles s’enfuient. Pour qu’elles s’envolent. Pour qu’elles soient libres.
Enfin.

« L ». Elle(s). Hell. Aile(s). Trois mots contenus dans une simple lettre. Trois mots pour signifier l’horreur, le combat, la liberté, l’indépendance, aussi. Trois mots, une infinité d’univers, d’histoires et de contes sur les femmes, pour les femmes…

« L » – « L » comme liberté, lumière et lyrisme ; « L » comme louve, lune et Leto…

Le titre nous interpelle, le thème nous concerne, ô combien : cette nouvelle anthologie engagée dirigée par Charlotte Bousquet, la première de la collection Pueblos chez CDS éditions, ne laisse guère indifférent — d’autant que les droits de l’ouvrage seront reversés à l’association Aurore – La maison Coeur de Femmes. Quant au sommaire caché derrière la couverture qui accroche fortement le regard et l’âme, il laisse à penser que cette descente aux enfers devrait être assez marquante…
“L” est actuellement en souscription sur le site de l’éditeur, et devrait sortir officiellement le 25 avril, lors de la 2ème édition de Hot Pepper’s Calling.
La page de présentation et de souscription

Voilà, wait and read ! (and enjoy, of course ^_^)

Astronomes, astrophiles, alchimistes, artistes et rêveurs, créateurs ou amoureux de créations : un astre nouveau, une Lune en renouveau s’est levée aujourd’hui même…
La Lune Mauve, après une longue éclipse qui permit de changer en profondeur, et pour le meilleur, la face de la planète, brille dans nos cieux depuis quelques heures déjà. Ce “webzine culturel et oniriques” lové dans le merveilleux écrin de l’univers rêvé et créé par l’infographiste Marie Guillaumet, a déployé sur les ondes ses belles nuances, ses paysages splendides et symboliques, sa galerie de personnages étrangement fascinants, & ainsi dévoilé aux yeux de tous les sentiers que les Lunemauviens invitent à parcourir dans les domaines de la musique, du cinéma, de la littérature, de l’art, et tellement plus encore…
Sans hésiter, allez donc rêver sur la Lune.
… Mais attention, fascination !

Bannière La Lune Mauve

I got a list

Illustration de Frank pour "Les Baleines Publiques"

Illustration de Frank pour "Les Baleines Publiques"

Petit intermède in Hell : Anne, dont les doigts de fée et les gants de velours règnent sur Lorliaswood, m’interroge sur mes péchés de colère… Et comme ils sont presque aussi nombreux que ceux de curiosité et que l’on pourrait passer quelques mille et une nuits à les évoquer, la liste se limite à trois raisons d’aller brûler en enfer :


  • “Ca m’énerrrrrve” number one : le sentiment d’impuissance qui me saisit quand je vois le monde aller de travers sans pouvoir y faire grand chose, ou lorsque je ne trouve pas les mots justes pour évoquer une oeuvre qui m’a touchée / filer un peu de lumière ou un point d’appui à des amis qui vacillent / …
    A se taper la tête contre le mur, tout cela.
  • “Ca m’énervvvve” number two : les personnes qui, sans rien connaître ou comprendre de ce que vous êtes ou voulez être, vous assomment de conseils destinés à vous formater à leurs conceptions pré-machées, tout droit tirées de ces horreurs de manuels de ””développement personnel”" (gniii) ou d’une morale du bonheur à la Marc Lévy (vous savez, le coup du une-journée-c’est-comme-si-un-banquier-vous-donnait-86400-euros-à-dépenser-en-24-heures-et-si-vous-ne-les-dépensez-pas-ils-sont-perdus-alors-ne-gaspillez-pas-votre-temps-et-soyez-donc-heureux, yerk. Well, big news, guy, le temps des banquiers est révolu – et viva Cioran !)

Et pour finir sur une note plus légère (maintenant que j’ai bien cassé l’ambiance…) :

  • “Ca m’éneeeerve” number three : ces chieuses de pâtes qui *font toujours exprès* de déborder (I swear) lorsque j’arrive à un passage passionnant d’un bouquin impossible à lâcher juste là (même chose d’ailleurs pour la rame de métro qui s’ingénient à parvenir à destination alors que je suis à deux pages de la fin d’une nouvelle parfaite – on fait pas plus odieux, comme conspiration…)

Comme d’hab’, je ne propagerai pas le virus en désignant de nouvelles victimes, mais s’il y en a parmi vous qui auraient envie de se défouler virtuellement, ils sont libres d’attraper le tag au vol.
Got a list too ? Well, “if you ain’t dead then sing along” (avec, pour la musique-qui-booste, Saul Williams et sa “List of Demands”)

I got a list of demands
written on the palm of my hands
I ball my fist and you're gonna know where I stand
We're living hand to mouth
You wanna be somebody?
See somebody?
Try and free somebody? 

I got a list of demands
written on the palm of my hands
I ball my fist and you're gonna know where I stand
We're living hand to mouth
Hand to mouth

Shinear

C’est bon, je me rends.

Quatre semaines. Quatre putains de semaines que je tourne en rond dans ma tête et dans ma chambre, à essayer de rédiger  pour vous un pauvre petit article sur Babel Tour -  l’intéressante antho que les étudiants en master d’édition de la Sorbonne ont publiée à l’occasion du Salon du Livre 2008, dont Israël était l’invité d’honneur cette année-là… Quatre semaines de débâcle totale, chaque brouillon aussitôt né, aussitôt dézingué – rageusement, parce que  jugé trompeur, ou masqué, ou trop léger, ou trop biaisé, bref à des lieux, toujours, de l’approche à coeur ouvert vers laquelle je tends.
Et je comprends bien pourquoi.
Babel Tour, guide de voyage en cités cosmopolites, m’avait attirée tant par son concept que par le patchwork de visions et de voix tissé autour des villes, des ziggourats, des peuples et des langues qui s’y croisent ou s’y mêlent. Seulement voilà, à mi-chemin de mon excursion littéraire en Babel, j’ai passé la frontière vers un quartier vivant, fascinant, le plus brûlant et le plus beau à mes yeux… et je n’en suis pas ressortie, ni n’en ressortirai (quitte à revenir plus tard à notre Tour de Babel) avant d’avoir pu évoquer une nouvelle qui, à elle seule, figure dans mon top des lectures-choc de 2008 et de toujours – et même alors, je pense, une part de moi restera là-bas, ou bien j’emporterai moi-même un bout de cette terre-là, les échos de ces mots, leur roulement sous ma langue. D’ailleurs, voyez…
Plusieurs mois après la première lecture, ce texte continue de me coller de salutaires raclées.

Exit les poses de lecteur, donc, and enter “Shinear“.

Texte percutant sur le thème crucifiant des divisions de l’humanité, cette “nouvelle très particulière” de Léa Silhol entraîne son lecteur en terrain miné, pas très loin du labyrinthe de Fo/vea, pour un prenant voyage dans les rues des villes, au coeur du mythe, et vers les hommes – vers l’Autre, surtout.
L’oeuvre s’ouvre en effet comme un étrange album de voyageuse, présentant dans ses pages une Babel saisie au fil des années, en filigrane dans les vues de quelques-unes de ces villes où les cultures et les identités s’affrontent plus qu’elles ne se touchent. On les découvre, ces cités, à travers le regard impliqué, douloureusement et furieusement lucide, d’une artiste témoin et non touriste : bien plus qu’une passante, donc, une véritable passeuse. Et qui ne manque pas, au fil de ses errances en villes aimées que la haine divise, d’asséner avec précision ses vérités aux hommes, ou de prendre Dieu à partie.
Loin d’arrêter son voyage une fois l’album parcouru, l’auteure se tourne alors vers une issue possible, au-delà des barrières et des divisions, et le lecteur, terrassé l’instant d’avant, la suit dans les transports de l’espoir, parcourant ainsi le spectre du langage – des injures haineuses à ces mots de compréhension et d’amour que seuls peuvent trouver en eux ceux que la vie a déjà bien abîmés, et qui voudraient à travers leurs paroles réparer le monde dans les yeux de l’Autre.

Et pour nous mener de ville en ville et infiniment plus loin encore – mais aussi tout près, au plus intime -, la voix et les rythmes forment une musique obsédante, qui se grave à l’esprit, fait vibrer coeur et langue, et nous communique ainsi sa pugnacité de rap, son émouvante romance en duo musical, ses ferveurs de prière, l’ardeur de son chant final. Il y a cela dans le chant de “Shinear”, une puissance capable de vous couper les jambes pour donner à vos marches un nouvel élan vers ce qui importe vraiment aux hommes, de vous couper le souffle et dans le même temps en insuffler un autre, intense et essentiel.
Et ainsi, Léa Silhol, qui déclarait dans un questionnaire que ce qu’elle déteste le plus dans son physique, c’est de “ne pas avoir dans les veines une goutte de sang de chaque peuple au monde”, a créé une oeuvre susceptible de toucher  profondément tout être humain, quelles que soient ses origines. C’est ainsi que je ressens ce texte fort, un acte d’union à travers l’art, un appel vrai, et accompli, à dépasser les frontières que peuvent former les langues, les couleurs, les religions. Ses paroles m’accompagnent désormais, couperet et colère quand je vois le monde aller de travers, espoir lorsqu’une rencontre humaine  me donne envie de les murmurer pour quelqu’un.
Je ne vous les dirai pas, cependant, car je me suis déjà trop tenue entre l’oeuvre et vous, alors je me contenterai de ceci : Babel Tour n’est guère facile à dénicher, désormais ; si toutefois vous le trouvez sur votre route – cet ouvrage ou, qui sait,  un jour, “Shinear” dans une infoliation nouvelle et espérée – sans hésiter suivez le guide : écoutez sa voix. Ecoutez…

Le Fil d’Ariane :

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